Investissements directs étrangers : définition, avantages et risques

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les échanges internationaux ont pris une très grande ampleur. L’une des formes de mondialisation des économies connue est les IDE ou Investissements Directs Etrangers. Dans cet article, découvrez ce qu’est l’investissement direct étranger, quels sont ses avantages et ses risques.

Histoire des IDE

Les IDE ne sont pas un phénomène nouveau. Le colonialisme et la politique impérialiste adoptée par les pays occidentaux poussaient les investisseurs à se tourner vers les pays colonisés. Plus tard, c’est la mise en œuvre du Plan Marshall, après la deuxième guerre mondiale, que les investissements directs à l’étranger des Américains ont pris un grand essor.

C’est surtout dans les années 80 que les IDE ont explosé grâce à la dérèglementation, notamment du secteur des services, à l’essor des IDE européens et japonais à la suite de l’appréciation du yen et du mark et grâce à l’émergence des pays de l’Est et des pays émergents.

Aujourd’hui, l’investissement direct à l’étranger est le principal instrument utilisé par les pays pour s’inscrire dans le contexte de la mondialisation. Il joue donc un rôle déterminant dans les relations économiques mondiales.

IDE : quelques définitions

Investissements directs étrangers - ide

D’après la définition du Fonds Monétaire International (FMI), on appelle investissement direct à l’étranger un investissement réalisé par une entité résidente d’une économie dans une entité d’une autre économie afin d’y acquérir un intérêt durable et d’exercer une influence significative dans sa gestion.

Il faut apporter quelques précisions sur les notions évoquées dans cette première définition. La notion d’intérêt durable sous-entend une relation à long terme par laquelle celui qui investit, appelé investisseur direct, prend le contrôle partiel ou total de l’entreprise. Cette relation n’est possible que s’il détient au moins 10% des actions de l’entreprise. En-deçà, l’investissement sera comptabilisé dans la balance des paiements en tant qu’investissement de portefeuille.

Pour ce qui est de la notion de résidence, on dit qu’une entreprise est résidente d’une économie lorsque son siège social se trouve dans celle-ci et qu’elle y exerce une activité économique.

Peut faire un investissement direct à l’étranger toute personne physique, toute entreprise privée ou publique, tout groupe de personnes physiques ou d’entreprises ou encore tout gouvernement qui possède lui-même une entreprise d’investissement direct.

Il faut aussi préciser d’autres définitions des IDE. L’investissement direct étranger est un mouvement international de capitaux réalisé par une entité en vue d’acquérir une participation dans une entreprise étrangère, de créer une filiale, une succursale ou une société affiliée à l’étranger et de fusionner ou établir une co-entreprise avec une société étrangère.

L’IDE suppose un transfert de fonds financiers, mais également un transfert de capital humain et de technologie. Cette opération est à l’origine de la création des firmes multinationales ou transnationales.

Le terme IDE englobe à la fois l’opération initiale, mais également les opérations financières futures entre les deux entités.

Typologie

Plusieurs formes d’investissements directs étrangers peuvent être distinguées. Selon l’OCDE, il existe 4 formes d’IDE :

  • L’IDE de création ou investissement greenfield: qui consiste en la création d’une nouvelle entreprise, filiale ou succursale. Dans ce cas, l’investissement se matérialise par le recrutement de nouveaux employés et l’installation de nouveaux moyens de production.
  • Les investissements brownfield: qui consistent en l’acquisition d’au moins 10% d’une entreprise existante. Ce type d’IDE se matérialise par un transfert de propriété des titres de l’entité acquise. Figurent également dans cette catégorie les fusions acquisitions.
  • L’IDE d’extension : qui consiste en une participation à une entreprise existante ou nouvelle.
  • L’IDE de restructuration financière: qui consiste en l’injection de fonds pour aider une entreprise rencontrant des difficultés financières. Cette opération peut prendre la forme de prêt à long terme.

Selon leur nature, les IDE peuvent aussi prendre trois formes différentes :

  • Les investissements en capital social: ces opérations recouvrent les prises de participation de plus de 10% dans les sociétés. Elles regroupent les acquisitions, les créations ou les extensions d’entreprise. Celles-ci peuvent prendre la forme d’acquisition de titres de participation ou d’actions, de prêts participatifs, subordonnés ou consolidés et d’investissements immobiliers.
  • Les bénéfices réinvestis: il s’agit des résultats nets de la filiale, c’est-à-dire la partie non affectée aux dividendes des bénéfices de la filiale, et qui sont versés à la maison mère.
  • Les autres opérationsou opérations de prêts et placements entre affiliés : il s’agit des prêts entre les investisseurs directs et les filiales ou succursales ou encore des prêts entre des entreprises du même groupe mais situées dans des pays différents. Les crédits commerciaux et le prêt obligataire font aussi partie de cette catégorie.

Il existe une dernière classification des IDE en fonction des facteurs qui motivent la décision de l’investisseur :

  • Les investissements axés sur le marché national ou local: la forte concurrence qui existe entre les sociétés transnationales ainsi que la mondialisation poussent les détenteurs de capitaux à conquérir de nouveaux marchés à l’étranger qui sont plus importants et qui leur offrent la possibilité de faire des économies avec un faible coût de production.

Bien évidemment, il va y avoir une forte concurrence entre les investissements étrangers et les entreprises locales qui sont privilégiées sur le plan culturel et informatif. Les investisseurs étrangers, quant à eux, vont devoir miser sur d’autres atouts tels que la technologie, les brevets, le management et les atouts financiers.

  • Les investissements axés sur les marchés extérieurs: les investisseurs adoptent une politique commerciale basée sur les exportations. La recherche de matières premières, de produits manufacturés ou de prestations à moindre coût fait partie de leur stratégie pour y arriver. Grâce aux IDE, ils y parviennent. C’est d’ailleurs grâce à ce type d’investissements que les contrats de sous-traitance internationale ont connu un essor considérable.

Les produits finis, fabriqués avec un faible coût de production, sont exportés vers les pays d’origine afin d’être vendus et transformés en inputs pour financer la fabrication des produits finis, et le cycle continue.

Ainsi, ce sont les pays d’origine qui réalisent le plus de profit avec cette forme d’investissements directs étrangers au détriment des pays d’accueil. Ces derniers demeurent de simples fournisseurs de produits ou services intermédiaires.

  • Les investissements initiés par l’Etat: cette dernière forme d’IDE est différente des autres, car elle est induite par les gouvernements des pays d’accueil sous forme d’appel d’offre international.

Aujourd’hui, presque tous les pays mettent en place une règlementation très favorable aux IDE, qui attire ou maintient les investisseurs étrangers sur leur territoire. Ceci, en raison des impacts de cette forme d’investissements sur certaines variables économiques comme l’emploi, la Recherche et développement, et donc au final la croissance.

En contrepartie de leur contribution, les investisseurs bénéficient de certains avantages comme les exonérations fiscales et les subventions.

Quels sont les avantages des investissements directs étrangers ?

Quel intérêt pour les entreprises ?

Elément moteur de la multinationalisation des entreprises, les investissements directs étrangers offrent un certain nombre d’avantages aux entreprises. Ils leur permettent entre autres d’augmenter leur productivité, et ainsi leur chiffre d’affaires, et de conquérir de nouveaux marchés qui sont difficiles à pénétrer par le biais seul des exportations.

Investir dans un autre pays permet essentiellement de bénéficier d’une réduction des coûts à travers une main d’œuvre moins coûteuse, des matières premières moins onéreuses et l’optimisation fiscale. Les entreprises françaises peuvent aussi faire des IDE pour avoir un contrôle accru sur leur réseau mondial de production, de distribution et d’approvisionnement.

Les IDE constituent en outre un moyen de diversification des avoirs d’une entreprise en dehors de son pays d’origine. Ceci augmente son rendement.

Quels avantages pour les pays d’accueil ?

Les IDE constituent un important catalyseur de croissance économique pour les pays hôtes. Les actifs productifs investis ont des impacts immédiats sur l’économie locale à travers la :

  • promotion des exportations: dans le cadre des IDE, le pays d’accueil sert de plateforme pour réexporter les produits finis vers le pays d’origine ou vers d’autres pays.
  • augmentation de la compétitivité des bénéficiaires : les IDE permettent aussi d’augmenter la compétitivité des entreprises locales en les concurrençant.
  • création d’emploi : les IDE créent de l’emploi dans les pays hôtes. En fonction de leur nature, le nombre d’emplois créés varie. Celui-ci est moins élevé dans le cas des IDE capitalistiques basés sur les matières premières. Par contre, il est plus important dans le cadre des investissements étrangers axés sur l’industrie manufacturière. Les emplois créés sont d’autant plus importants qu’il s’agisse d’une fusion acquisition ou d’une entreprise nouvellement créée.
  • transfert d’idées, de technologies et de compétences : les investissements directs étrangers offrent un autre avantage de taille : le transfert d’idées, de technologies et de savoir-faire. Aujourd’hui, une grande partie des activités de R&D se déroule en Europe, en Asie et en Amérique du Nord grâce aux IDE.

Les principales innovations relatives aux équipements, produits, techniques commerciales et modes de gestion émanent des multinationales localisées dans ces pays. On assiste aussi à un transfert de compétences des cadres expatriés aux travailleurs locaux. Les entreprises bénéficiaires bénéficient en outre de conseils en matière de gestion, de comptabilité ou juridiques de la part des investisseurs.

Une fois formés, les travailleurs locaux peuvent être amenés à offrir leurs services aux entreprises locales. Ce qui contribue à améliorer davantage l’économie du pays hôte.

  • création de nouvelles sources de revenus fiscaux: les IDE créent de nouvelles sources de revenus fiscaux tant dans les pays développés que dans les pays en développement. Malheureusement, dans certains pays d’accueil, notamment les paradis fiscaux, cet avantage est compensé par des incitations fiscales mises en place par le gouvernement local.

Les risques liés aux IDE

Investissements directs étrangers - risque

Pour les entreprises

Investir dans un autre pays n’offre pas toujours que des avantages. Il existe aussi des risques auxquels il faut se parer :

  • des risques opérationnels: investir dans un autre pays signifie opérer dans un environnement étranger où le cadre juridique peut être flou, les pratiques comptables et commerciales peuvent être différentes et où la corruption peut être au rendez-vous.
  • des risques économiques et politiques liés à la fluctuation du taux de change et à l’instabilité du contexte économique et politique du pays hôte.

Pour les pays d’accueil

Les investissements directs étrangers peuvent aussi présenter quelques inconvénients dans les pays d’accueil :

  • des risques sur la souveraineté du pays: une influence politique et économique trop importante exercée par les investisseurs directs peut mettre en péril la souveraineté du pays. L’Etat peut perdre en partie le contrôle sur les ressources stratégiques. Ce qui représente un risque sur la sécurité nationale.
  • la baisse de la compétitivité des entreprises locales: une propriété étrangère excessive dans les entreprises stratégiquement importantes peut faire perdre l’avantage concurrentiel du pays. On peut assister à une asphyxie des entreprises locales au profit des grandes sociétés multinationales.
  • une répartition inéquitable des bénéfices: les investisseurs étrangers peuvent transférer les bénéfices générés par leur investissement vers leur pays d’origine au lieu de les réinvestir dans l’économie locale.
  • des risques financiers: une forte dépendance aux IDE peut amener un Etat à faire des sacrifices financiers. C’est le cas du Royaume-Uni qui a dû baisser son impôt sur les sociétés de 20% à 17% pour retenir les investisseurs étrangers dans le contexte du Brexit.
  • risque de corruption des autorités: des responsables politiques peuvent faire des concessions ou privilégier certains investisseurs en contrepartie d’une compensation financière.
  • des risques environnementaux : une exploitation excessive des ressources du pays entraîne des conséquences désastreuses sur l’environnement.

Les tendances des IDE

Les IDE proviennent principalement des pays riches, mais aussi depuis quelques décennies des pays asiatiques. Malgré une tendance baissière des flux d’investissements directs dans le monde, les IDE se sont développés plus rapidement que les échanges commerciaux internationaux. Ces IDE se concentrent aujourd’hui dans les pays de l’Amérique du Nord, de l’Europe, de l’Asie et des pays émergents.

A noter que les Etats-Unis sont le premier pays d’accueil des IDE. La France en est le septième.

Nombreuses sont les entreprises qui envisagent d’investir à l’étranger en y créant une filiale ou une succursale. Les investissements directs étrangers leur offrent l’opportunité de diversifier et dynamiser leur patrimoine. Malheureusement, cette opération présente aussi des risques non négligeables pour eux. Evitez de faire de faux-pas en vous renseignant bien.