Qu’est-ce que le offshore en général ?

L’adjectif offshore s’applique à une activité qui se déroule au large des côtes. Elle peut être liée à de multiples secteurs économiques. Alors, qu’est-ce que le offshore en général ?

Qu’est-ce que le offshore ?

Ce terme est de plus en plus employé dans le secteur de la finance. Tout en étant toujours relatif à la délocalisation outre mers, il ajoute une connotation fiscale.

Dans le domaine énergétique, le mot offshore désigne les plateformes pétrolières situées en mer, mais aussi les parcs d’éoliennes.

Dans le monde de l’entreprise, offshore est utilisé comme un synonyme de délocalisation, d’une activité ou d’une filiale.

Offshore a même était le nom d’un programme américain. Le OFF shore procurement programm fut un système mis en place par les Etats-Unis en 1950, au début de la Guerre de Corée, pour équiper les divisions américaines stationnées à l’étranger. Les commandes d’équipement étaient passées aux industries du pays où les troupes US étaient stationnées, puis payées en dollars.

La Finance offshore

Sociétés offshores

Qu'est-ce que le offshore - finance

Une société offshore est une entreprise créée à l’étranger, par un mandataire qui n’y réside pas. La société offshore a généralement pour principal but l’optimisation fiscale, et est à ce titre le plus généralement créée dans ce que l’on nomme des Paradis fiscaux.

Pour qu’un état, ou un territoire soit qualifié de paradis fiscal, il faut qu’il ait toutes les caractéristiques que l’OCDE liste comme suit :

  • La fiscalité doit être très basse pour les étrangers, qu’ils soient des personnes physiques ou morales.
  • Les lois, juridictions, administrations et banques du pays doivent très opaque.
  • Le secret bancaire doit être très fort.
  • Le pays ou territoire en question doit toujours être très réticent à partager des informations avec d’autres pays.
  • Il doit, ne pas être obligatoire, pour avoir une activité commerciale sur le sol de ce pays, d’y être physiquement présent.

La société offshore est dirigée dans le paradis fiscal, par une personne représentant son véritable propriétaire, ou par une autre entreprise qui joue ce rôle. Ce n’est pas directement le propriétaire qui dirige la société offshore, mais ces représentants car le réel propriétaire recherche l’anonymat. Ces directeurs sont donc des prête-noms, ou encore de nominés. Ces directeurs sont généralement des avocats, mais peuvent être d’une large gamme de professions.

Les intérêts de la société offshore sont nombreux, tout d’abord et bien évidemment, l’optimisation fiscale. C’est le but premier, pouvoir faire échapper ses capitaux de la pression trop forte de son pays de résidence.

Echapper aussi aux différentes et nombreuses taxes qui sont appliquées aux entreprises, notamment en France (Impôt sur les sociétés, taxe professionnelle, formation professionnelle continue…)

Un autre des nombreux avantages, la société sera soumise aux lois du pays d’immatriculation, et donc pas aux françaises. Tout comme du reste vos capitaux qui sont maintenant à l’autre bout du monde.

L’anonymat, de fait, du réel propriétaire, non présent sur les statuts, est aussi en général un caractère très apprécié de la société offshore.

Comptes bancaires offshores

Un compte bancaire offshore est un compte en banque situé à l’étranger. Même s’il peut être ouvert sans autre activité, il est, dans le cas d’une création d’entreprise offshore sont pendant, et en est indissociable, une entreprise n’existant pas sans compte bancaire. Même s’il ne faut pas faire de généralités, une partie des clients des banques offshores dissimulent de l’argent au Fisc, c’est comme ça. Mais cela n’en est pas le seul usage.

Le compte offshore peut servir, en amont, à préparer un investissement immobilier dans le pays en question, ou même une réelle expatriation. Ce compte extraterritorial peut aussi être une façon de contourner un interdit bancaire sur le sol français.

Selon la loi française tous les comptes bancaires doivent être déclarés au Fisc, qu’ils soient français ou offshores, même s’il est tout à fait exact que de très nombreux comptes privés à l’étranger sont dissimulés au Fisc. Dans ce cas il s’agit de tentatives d’évasion fiscale, ou de blanchiment d’argent.

Mais depuis la date du 1er janvier 2017, l’AEOI (Automatic Exchange Of Informations, ou échange automatique des informations) permet au Fisc de connaitre légalement l’existence de tous vos comptes offshores. Plus de 100 pays sont déjà signataires de l’AEOI. Il faut donc, sur les conseils de spécialistes, faire avec les pays non encore signataires, ou opérer des montages très compliqués.

De plus l’utilisation de votre propre argent peut devenir assez difficile si vous ne souhaitez pas le faire illégalement. En effet si vous ouvrez un compte offshore pour de petits mouvements, vous récupérer vos fonds, en utilisant les moyens de paiement mis à disposition par votre agence bancaire. Mais si ce sont de très grosses sommes qui y sont déposées, cela va se reverrait très compliqué, toujours sans l’aide de professionnels de la chose. Le virement vers votre compte courant français n’étant pas conseillé.

Les éoliennes offshores

Elles aussi sont au large des côtes, même si elles n’ont aucun rapport avec la finance.

Une éolienne c’est un appareillage mécanique, qui mût par la force du vent, va générer du courant électrique. Donc une éolienne offshore, c’est la même chose, mais en mer.

Il existe deux grands types d’éoliennes offshore.

L’éolienne posée repose sur un socle solide immergé. Ce type d’éolienne n’est plus très rentable passé une quarantaine de mètres de fond. Et l’éolienne flottante, elle, est attachée à un poids, au fond de l’eau, par l’intermédiaire de câbles.

Concernant le fonctionnement, c’est assez simple en fait, l’éolienne est constituée d’un mât métallique mesurant entre dix et cent mètres. En haut de ce mât, on trouve la nacelle, elle supporte le couple rotor plus pales, et abrite un système de transmission. Donc le vent fait tourner les pales attachées au rotor, le rotor entraine la transmission de ce mouvement à un alternateur qui fabrique ainsi du courant alternatif.

Le courant sortant de l’alternateur est relevé via le transformateur électrique qui se situe dans le mât. L’électricité est ensuite acheminée par un câble jusqu’au poste de livraison le plus proche. En fait, une éolienne offshore ça ressemble beaucoup à une dynamo de vélo, mais en plus gros.

Le principal intérêt de l’offshore dans ce domaine est la puissance des vents marins, ils permettent de mettre en place de plus grandes éoliennes qui produiront le double d’électricité que sur terre. 4 à 8 MW contre seulement 3 pour une éolienne terrestre.

En France

En France la mise en place des chantiers est très souvent compliquée. En général plusieurs associations font barrage devant la justice, et en épuisent tous les niveaux de juridictions jusqu’à ce que le chantier puisse enfin commencer. Ceci a pour résultat que la France, pourtant second pays au monde par son front de mer, soit très en retard par rapport à d’autres. Ainsi des pays comme le Royaume-Uni ou le Danemark sont vraiment très en avance sur l’hexagone.

Et pourtant

Et pourtant les enjeux sont réellement énormes, puisque l’éolien offshore est un des moyens pour que l’humanité réussisse sa transition énergétique. Remplaçant les moyens de productions actuels, par une source propre, décarbonnée, et renouvelable. Exit donc les centrales calorifiques, fabriquant du courant par combustion, et les centrales nucléaires.

Et non seulement cette technologie est un grand bond en avant par rapport à l’écologie, mais en plus de ça elle est très porteuse d’emplois. Tout étant à faire, il faut construire les différentes usines qui se chargeront des différentes pièces de l’éolienne, recruter des ingénieurs, des géologues, des techniciens etc.

Si les chiffres prévisionnels sont tenus, la France devrait disposer d’une puissance de 21 GW d’éolien offshore à l’horizon 2030. Celle-ci serait découpée en 15 GW d’éolien posé et 6 GW de flottant, représentant 10% du mix énergétique électrique du pays. Si l’on souhaite comparer, l’Allemagne sera à 15 GW à la même date, et le Royaume-Uni à 33.

Les plateformes pétrolières offshores

Qu'est-ce que le offshore - pétrole

Les plateformes offshores sont des unités d’extraction de pétrole en mer.

La première plateforme pétrolière en mer date des années 30 et fut érigée sur les côtes Texanes. Dans ces eaux peu profondes du Golfe du Mexique. Le pétrole était extrait à partir de la plateforme puis tout de suite emmené au reste des équipements tout à côté sur la berge.

Dans nos contrées, c’est en 1973, avec le premier choc pétrolier, que les différents gouvernements européens décident de développer l’exploitation offshore. C’est principalement la Mer du Nord, qui piquera l’intérêt du Royaume-Uni et de la Norvège.

Aujourd’hui il existe plusieurs sortes de plateformes, appartenant soit au type des plateformes fixes, soit à celui des mobiles.

Les fixes

Pour les fixes on compte quatre sortes de plateforme pétrolières :

  • Les Compliant Towers sont les seules unités fixes construites passé les 300m de profondeur, c’est un pont flottant relié au sol sous-marin, par une tubulure souple et tendue.
  • Les Gravitary Platforms, se rencontrent jusqu’à 300m de fond. C’est une immense tour de béton arrimée au sol océanique qui supporte la plateforme.

Les Jac-Up Rigs datent des années 80, tout comme d’ailleurs les deux premiers types. Ce modèle s’installe dans les eaux les moins profondes. Il ne peut être implanté une fois passée la barre des 100m de hauteur d’eau. Il s’agit d’une structure mobile pouvant être déplacée verticalement sur deux piliers reposant au fond de la mer.

Les Conventional fixed Platforms, sont plus vieille, elles datent des années 70. Elles peuvent être construites jusqu’à 300 mètres de fond. La plateforme est attachée au fond par une tour de tubes métalliques.

Les mobiles

Il y a aussi quatre types de plateformes mobiles. On parle de mobiles, car la plateforme peut bouger en surface, suivant la houle.

  • Les Tension Legs Platforms sont nées, comme toutes les autres plateformes mobiles à partir de 1990. La plateforme, est reliée au fond par des câbles tendus.
  • Les SPAR, sont surement les plus classiques, elles s’assoient sur un flotteur en forme de cylindre, elles ne font que la production, le pétrole est évacué du bâtiment par des pipelines. On les trouve quand le fond se situe entre un kilomètre, et 2,3 kilomètres.
  • Les Semi-submersible Platforms, peuvent être installées entre 100 et 1050 m au-dessus du plancher océanique. Ces réservoirs sont des ballasts, être semi-immergé rend ce modèle plus résistant aux conditions météorologiques.
  • Les Floating Production Storage and Offloading, sont des plateformes qui produisent et stockent le pétrole dans des citernes. Elles peuvent approvisionner directement les pétroliers. Elles sont construites lorsque le fond se situe entre 1 et 2 kilomètres.

Le fonctionnement

Quel qu’en soit le type, une plateforme pétrolière offshore se décompose en deux grandes parties :

  • La structure porteuse, qui, quelle que soit sa forme assure que les infrastructures de surface, ne coulent pas.
  • La partie utile, celle de surface, appelée Topside, où sont installés les équipements de pompage, de traitement et éventuellement de stockage du pétrole.

Le derrick est la structure qui soutient le trépan, l’énorme foret qui perce le sous-sol pour pomper le pétrole.

Le forage peut avoir 3000 ou 4000 mètres de profondeur, et s’effectue avec une très grande précision. Car il s’agit parfois d’atteindre une poche d’hydrocarbure qui peut ne faire qu’une dizaine de mètres d’épaisseur.

Quand la phase de forage est finie, le pétrole contenu dans la poche est pompé vers la partie utile de la plateforme. Là, les installations de traitement le sépareront de l’eau et des corps étrangers. L’hydrocarbure peut alors être stocké en attente de bateaux pétroliers, ou alors, être acheminé vers des raffineries par pipeline.

Production

Pour citer un exemple, une plateforme comme celle de Alwyn North, en Mer du Nord produit 40 000 barils de pétrole quotidiennement. Cette unité de production pompe du pétrole à 4000 mètres de profondeur et a une durée de vie de 30 ans.

La production mondiale est d’à peu près 96 millions de barils par an. Depuis 2014, grâce à l’exploitation du pétrole de schiste, les Etats-Unis sont le premier producteur mondial. Le baril est l’unité de mesure du pétrole lors des échanges commerciaux, un baril représente 159 litres.

A la suite de l’émergence économique de certains pays asiatiques comme la Chine et l’Inde, la demande en pétrole n’est plus compensée par l’offre. Les analystes et les projections nous apprennent que d’ici à 2050, la consommation de pétrole pourrait être multipliée par deux. Le jour du Peak oil, le moment où la production mondiale commencera à décliner par la faute de la raréfaction des ressources naturelles sera alors encore plus proche.

Qu’est-ce que le offshore en général ? Une multitude de concepts du plus beau et porteur d’avenir, au plus sal et faisant partie de notre consommation d’avant. Tout en passant par des techniques économiques attrayantes mais compliquées qui requièrent expérience et prudence.